PSYCHOPEDAGOGIE DE LA CREATIVITE

 

La créativité

La créativité est l’expression de soi, l’expression de l’imaginaire, l’“expression de l’âme”. Quelque soit le médiateur, celui qui crée se dit, il exprime ce qu’il y a au plus profond de lui-même, ce qu’il a vécu, ce qu’il vit, ou ce qu’il voudrait vivre.

On entend souvent les adultes et même les enfants après 5/6 ans dire « Moi je ne suis pas créatif, je n’ai pas d’imagination ou encore je ne sais pas dessiner »…. Pour moi, toute personne est créative à la base. Il n’y a qu’à observer les enfants, petits, ils savent tous dessiner, ils ont tous de l’imagination.

Il s’exprime avec ces outils là (le dessin, les jeux d’identification….). Le souci de l’enfant n’est pas de représenter les choses qui l’entourent, le langage de l’image ou du jeu remplace le langage par les mots, des explications. Le but reste toutefois le même : informer, raconter. Chaque geste, chaque signe, chaque empreinte est un message donné. J’ai pu l’observer très souvent avec les enfants ayant de grosses difficultés. Par la peinture, ils ont exprimé leurs besoins d’écoute, de relation, d’expression, d’indépendance et même de tendresse.

L’activité créatrice est un domaine privilégié de la relation avec autrui. Un exemple : Dans un atelier volume, un groupe d’enfants de 7 à 9 ans travaille avec des bandes plâtrées, la discussion s’engage sur “l’emballage” des objets, un enfant compare avec “l’emballage” des momies, une discussion s’ensuit sur la mort. Durant 1h et demi, tout en continuant l’activité, chaque enfant a raconté ses expériences, ses peurs, ses doutes…

L’enfant communique à travers son dessin, mais c’est un peu comme si, à partir de l’apprentissage de l’écriture, la plupart des enfants perdaient cette capacité, pour peu à peu l’enfouir, et, en devenant adulte ne même plus se rappeler qu’un jour, il a su.

La pédagogie

Si on observe les enfants, on constate que tout-petits, ils commencent par explorer, avec tous leurs sens.

Puis peu à peu, avec l’arrivée de la parole et donc de la représentation symbolique vers 1 an, ils passent par le stade de reconnaître les objets (jouets, nourritures…) et tout ce qu’ils ont exploré avec leurs sens. Les objets sont alors, peu à peu, associés à un goût, une odeur, un son quand ils tombent par terre ou se choquent, un toucher, une forme, une couleur.

L’étape suivante va être de construire, de combiner les objets entre eux, vers 2 ans. C’est avec ce processus que l’enfant va se construire.

« Il est important également de retenir que pour l’enfant, il n’existe que 2 alternatives : Le plaisir : moteur de son activité ; Le déplaisir : frein de ses recherches.

Son jeu va devoir, en permanence, être générateur de plaisir et à l’inverse, le plaisir engendrer son jeu…. tout déplaisir (ou tout plaisir non partagé !) peut être cause d’autocensure de bon nombre de ses explorations et, par conséquent, de son épanouissement. » Jean Epstein, Le Jeu Enjeu.

Explorer, reconnaître, construire, se construire est la pédagogie que j’utilise depuis près de 25 ans, avec les enfants et les adultes, dans les ateliers et les formations que je propose et qui permet à tous de redécouvrir sa créativité, sa capacité de créer et son imagination. Retrouver le plaisir de jouer avec les matières, les couleurs, de (ré) apprendre à aimer ce que l’on crée, de (ré) apprendre à s’aimer. Le plaisir doit surpasser la technique qui n’est là que pour servir la création, la rendre plus expressive et abordable à tous. (exemple : en cuisine on peut suivre une recette, où inventer, transformer)

La psycho (pédagogie)

Je vous ai dit que les objets étaient associés aux sens, ils sont également associés à des évènements, des lieux, des personnes, des émotions …. L’objet forme un tout avec l’environnement présent. Si l’enfant a vécu un « traumatisme » (parole ou geste de l’adulte ou scène de cris traumatisante toute proche…) à l’une ou l’autre des étapes, tous les éléments de l’environnement ont été enregistrés en même temps. Chacun de ses éléments peut déclencher un blocage en lien directe avec le traumatisme lorsque l’enfant sera devenu adulte.

Alors je ne pense pas qu’un atelier d’art, le fait de peindre, de faire des tableaux soit thérapeutique dans le sens de soigner, de guérir. Pourtant il est indéniable qu’en atelier d’expression créative ou d’art-thérapie, il y a des effets thérapeutiques dans le sens d’une meilleure connaissance de soi. Cela se traduit par une envie, un besoin de communiquer, d’échanger, un développement de l’intuition, une meilleure écoute de soi et des autres, une confiance en soi.

La différence, c’est qu’en atelier d’expression ou d’art-thérapie, l’oeuvre va jouer un rôle de médiateur, elle va devenir le moyen de communication avec soi-même et avec les autres. L’art pourra alors permettre de renouer avec l’échange, en passant par la sensorialité, autre voie de communication : après avoir «déposé» les maux sur le papier sous la forme de symboles, la mise en mots pourra alors se faire. C’est cette mise en mots, cet accès au symbolique qui permettra de donner du sens, ainsi que la présence consciente -par les ressentis, les émotions et les pensées-. La présence consciente initie à la transformation et c’est cela qui est thérapeutique.

Vivre ce cheminement, développer son côté intuitif, stimuler son imaginaire, permet à chacun de se transformer, d’intégrer ce qui est inscrit dans sa mémoire corporelle. La création, trace de cette expérience vécue, devient miroir de l’instant, mise à distance des ressentis. Et comme je l’ai dit tout à l’heure, dans cette approche, la technique n'est là que pour servir la création, la rendre plus expressive. Par l’expérimentation de la création artistique, les processus inconscients se révèlent pour permettre à la personne de modifier sa relation à elle-même et au monde. Nous ne sommes pas là dans un travail de psychothérapie, mais dans un travail thérapeutique qui peut y mener.

 

La progression en 3 diaporamas…

Premier diaporama : Les encres, l'exploration/huile (un rythme, un outil puis amener aux yeux du monde)

 

Deuxième diaporama : Le mouvement intérieur, les mouvements lancés, les valeurs.

 

Troisième diaporama : L'arbre intérieur, le paysage familiale, le paysage intérieur, l'arbre de vie.